Interview

Après sept années à la direction des archives départementales, la directrice nouvellement retraitée a quitté ses fonctions le mois dernier. elle est missionnée pour la conception d’une grande exposition sur la seine dans les Yvelines, et gardera un agenda très fourni.

Elisabeth Gautier-Desvaux a quitté la barre des Archives des Yvelines, ... mais reste «en Seine»L’imposant bâtiment des Archives Départementales a fait sa place dans le paysage du Pas du Lac, en bordure de la RD 10 devenue boulevard Paul Delouvrier. Son déménagement de Versailles à Montigny date pourtant de sept années, soit à quelques mois près le bail qu’Elisabeth Gautier-Desvaux a signé à la direction de l’établissement. La directrice aura écrit cette page qui gardera l’empreinte d’une double transition. Celle d’un nouveau lieu à investir, celle aussi de la numérisation, une rupture structurelle à plusieurs détentes pour les Archives, et une révolution dans laquelle le département des Yvelines est une figure de proue à l’échelon national. Ces chantiers, Elisabeth Gautier-Desvaux les a conduits avec ce dynamisme naturel qui transparaît immédiatement. «Speedy Babeth, c’est semble-t-il le surnom que j’ai eu au cours de ma carrière», avoue-t-elle dans une sourire. Il est vrai qu’il y a prescription. Ces sept années dans les Yvelines ont été pour ce Conservateur du Patrimoine, agent du Ministère de la Culture missionné auprès du département, l’ultime épisode d’un parcours professionnel accompli. Elisabeth Gautier-Desvaux y a fait une infidélité à sa passion d’archiviste en occupant les fonctions de Directeur Régional des Affaires Culturelles (DRAC) en Basse-Normandie et en Bretagne. Une parenthèse de onze années ouverte sur les problématiques de toutes les formes culturelles, «mais aussi un métier extrêmement prenant». L’arrivée dans les Yvelines à Montigny a aussi été un retour pour cette native de Saint-Germain-en-Laye. «La culture, c’est la passion. Je n’ai jamais eu de plan de carrière, plutôt des opportunités qui valaient comme autant de défis. Il y a sept ans, je suis arrivée dans le contexte d’un métier qui évoluait, soumis à l’enjeu de la dématérialisation». Elle s’est attelée à la tâche, à la tête d’une équipe de 40 personnes, jusqu’à faire des Archives des Yvelines l’exemple d’une mutation réussie. «La numérisation de la collection, la création d’un portail web et ses nouvelles applications s’ouvrant vers le grand public ,sans rogner sur nos missions de conservation, l’ouverture vers le jeune public avec nos ateliers de manipulation... oui, j’ai le sentiment d’avoir tenu la feuille de route qui m’était fixée et celle que j’avais je m’étais assignée en parallèle».

«aider mon petit village du Perche»

Alors que peut sonner la retraite après ce train d’enfer ? Elisabeth Gautier-Desvaux a ménagé ses arrières. Missionnée pour mettre en place une grande exposition sur les Yvelines et la Seine avec le Musée de l’Hôtel Dieu de Mantes-la-Jolie, engagée activement dans un portail en ligne de archivistes francophones, dans un comité de rédaction de l’Académie de Versailles, avec les étudiants saint-quentinois, elle garde des fers au feu d’une passion qui a consumé sa trajectoire professionnelle et continuera de crépiter bien après. «Et puis je voudrais aussi aider mon petit village du Perche». Les Percherons sont prévenus, Speedy Babeth est en route et elle arrive...