Saurez-vous relever le défi le 30 Mars 2018 ?
Fruit d’une collaboration historique entre la Ferme du Manet et Port-Royal des Champs, l’Escape Game Ephémère « Les Greniers des souvenirs de Port Royal » ouvrira ses portes le Vendredi 30 Mars 2018 de 17h00 à 23h00, à la Ferme du Manet. Une formule de restauration sera également proposée pour accompagner votre soirée entre amis ou en famille.
« Nous avons souhaité, en association avec l’historien de Port Royal des champs Sylvain Hilaire, proposer aux Saint-Quentinois une activité ludique chargée d’histoire pour les petits et les grands » précise Antoine Baud Président de Montigny Patrimoine. Les greniers des souvenirs de Port-Royal est l’occasion de vivre une expérience unique de 45 minutes d’évasion à la Ferme du Manet.
Ainsi l’histoire entre la Ferme du Manet et Port Royal des champs peut perdurer !
Un petit avant-goût !
Par un étrange phénomène les greniers des souvenirs sont restés inaccessibles de longs siècles. Seulement, depuis quelques jours, la porte s’est mystérieusement rouverte aux temps des philosophes jansénistes. »
Choisissez votre ambiance :
- Plongez dans la classe d’école de Sainte-Beuve,
- Infiltrez-vous dans le salon des philosophes d’Antoine-Arnauld
- Découvrez la scène de théâtre de Racine
- Percez les mystères arithmétiques de Pascal.
Renseignements et réservations www.ferme-du-manet.com 01 30 12 30 03,
Si vous ratez cette 1ère expérience, la porte se rouvrira peut-être une prochaine fois

 

 

Port-Royal, haut lieu de contre pouvoir, isolé dans une étroite vallée monastique aux portes du "Grand Parc de Versailles", (sur le territoire nommé actuellement Saint Quentin en Yvelines) est dans l'ombre menaçante du Roi Soleil.
Trahison, manipulation, censures, arrestations, menaces d'emprisonnements : l’inquiétude règne autour de Port-Royal.
Heureusement les solitaires de Port-Royal, considéré comme de dangereux hérétiques et contestataires politiques baptisés "jansénistes", décident de cacher tous leurs savoirs et secrets à la Ferme du Manet, en particulier dans les greniers situés à proximité de l’abbaye.
Par un étrange phénomène de la Grâce mystique pour laquelle se vouaient les jansénistes - ces greniers sont restés inaccessibles, comme suspendus hors du temps : ils sont même surnommés depuis « les greniers des souvenirs ».
Seulement, depuis quelques jours, cette porte sur la mémoire d'un glorieux et intriguant passé s'est mystérieusement rouverte, permettant de plonger dans l'époque de Blaise Pascal, Jean Racine, Angélique Arnaud.

 

HISTOIRE FERME DU MANET // PORT-ROYAL
La ferme du Manet est l’une des plus importantes fermes historiques du plateau de Saint-Quentin. Elle est située sur le territoire de Montigny-le-Bretonneux, et son existence mentionnée à la fin du Moyen Âge. Elle est rachetée en 1659 par l’abbaye de Port-Royal des Champs, située non loin dans le vallon adjacent. C’est alors la fin de la période d’apogée du célèbre monastère, avant que les foudres de la monarchie absolue de Louis XIV ne s’abattent sur lui.

L’acquisition du Manet est ainsi contractée par l’abbesse de Port-Royal, Agnès de Saint-Paul Arnauld, le 25 avril 1659 auprès du sieur Charles Cocherel, conseiller du roi, marquis de Bourdonné Saint-Prest, Montigny et autres lieux. L’acte en propose la description suivante : « Maison seigneuriale, colombier à pied et pressoir, sept vingt arpents de bois de taillis (env. 60 hectares), neuf vingt arpents de terres labourables, près et pâtures (env. 75 hectares), joignant ou proche de la Maison, censives tant en argent, chappons que poules, droits de Garenne et de justice moyenne et basse, arrière fiefs dépendant de la dite seigneurie et tous autres droits... »

L’acquisition du Manet par Port-Royal en 1659 constitue en réalité le démarrage d’un important plan d’investissement d’acquisition foncière dans la région, qui amène à créer un vaste domaine ecclésiastique dépendant de Port-Royal (fermettes, granges, jardins, terres labourables, prés, bois) entre Guyancourt, Voisins et Montigny. Ce sont au total près de 650 arpents de terres (soit presque 300 hectares) qui sont acquis par le monastère entre 1659 et 1687. Doublant ainsi la superficie du domanial dépendant de Port-Royal dans la région, jusqu’à atteindre près de 700 hectares.

Le domaine agricole de la ferme du Manet compte à lui-seul à cette époque 277 arpents, soit presque 120 hectares, avec le statut de seigneurie, et à ce titre la présence d’un manoir seigneurial, où sont probablement reçus certains hauts personnages qui gravitent à l’époque dans le giron de Port-Royal.

La ferme du Manet devient dès lors l’un des fers-de-lance du modèle de gestion agricole développé par le cénacle de Port-Royal, dont certains Messieurs – les fameux Solitaires retirés à la ferme des Granges et dans d’autres fermes des environs – étaient à compter parmi les grands savants et agronomes de leur temps.

Les gens de Port-Royal développent donc le potentiel agricole de la seigneurie-ferme du Manet, soit directement, soit en louant à des fermiers soigneusement sélectionnés, et en faisant construire plusieurs nouveaux bâtiments, dont les deux grandes granges qui existent encore aujourd’hui, l’une pour entreposer le blé, l’autre l’avoine.

Une description de 1679 permet de se faire une idée de cette organisation agricole exemplaire qui sera une des marques de fabrique d’un certain « modèle d’économie  janséniste » : « Dans la maison seigneuriale du dit Montigny il y a chambre basse, trois chambres hautes et greniers, caves, cour, contenant 2 arpents où est le colombier à pied et pressoir à cidre, deux grandes granges séparées, l’une contenant trois travées et l’autre cinq travées couvertes de tuiles ; bergerie, écurie, estables à vaches, toit à porcs, poulailler, fournil, cellier, mares, petit jardin à côté de la maison clos de murs... ».


Durant la période de démantèlement progressif de l’abbaye de Port-Royal des Champs imposée par Louis XIV, entre 1680 et 1710, la ferme du Manet constitue l’un des enjeux des combats juridiques contre le monastère de Port-Royal de Paris, désormais aux mains des anti-jansénistes. Le Manet finit par leur revenir de plein droit au moment de la destruction définitive de l’abbaye de Port-Royal des Champs entre 1709 et 1712.