Rencontre avec Jean-Luc Ourgaud

Nous avons rencontré le maire Jean-Luc Ourgaud pour faire le point sur les projets publics qui feront l’actualité en 2019 à Montigny, mais aussi partager sur son actualité à venir.

Quelles priorités pour 2019 à Montigny ?

«Pour 2019,  comme chaque année, nous agissons de la même manière : mettre en œuvre méthodiquement le programme pour lequel nous ont élus les Ignymontains, lequel se caractérise en particulier par la préservation du bien-vivre que l’on reconnaît à Montigny, et la réussite des projets ambitieux, et annoncés, qui ont été les nôtres depuis 2014. Pour y parvenir, notre défi cette année encore, est de maintenir le niveau de nos services publics sans augmenter les impôts. L’exercice devient un casse-tête, tant le désengagement de l’Etat à l’écart des collectivités locales nous déséquilibre. Nos priorités iront aussi vers la sécurité des Ignymontains, la préservation de notre cadre de vie à l’échelon de tous nos quartiers. Nous serons là également pour accompagner ceux qui créent la dynamique, et prioritairement dans nos associations, qui font la vie et l’animation, mais aussi ceux qui ont besoin d’un soutien, en étant au côté de tous les bénévoles qui œuvrent dans le champ de la solidarité.»


Où en sont les grands projets du mandat ?

«Les feuilles de route se poursuivent pour chacun d’entre eux depuis 2014, chacun à son rythme en fonction des enjeux posés. Les rugbymen de l’ASMB sont dans leur nouveau fief depuis la reprise de la saison, cet automne. Ce sera au tour des footballeurs et des athlètes du SMAC à l’issue de la prochaine intersaison. Le parc des sports de la Couldre sera alors profondément réhabilité, y compris le gymnase Jules Ladoumègue dont la cure de jouvence sera aussi achevée cette saison.
Le futur équipement culturel prévu sur l’emprise de l’ex-collège Bergson, auquel le Conseil municipal vient de donner le nom de Forum des Arts Charles Aznavour, ainsi que le futur équipement dédié à la Petite enfance prévu sur le site de l’ex-groupe scolaire Samain, entrent tous les deux en phase active sur le terrain. Les deux futurs établissements vont sortir de terre cette année, tout au moins leur étape de gros œuvre, simultanément aux programmes de logements qui les jouxteront. Le Club le Village fermera ses portes fin août, pour entamer également la mue de son cadre et de ses activités. Il faut aussi mentionner le lancement cette année du chantier pour notre future maison de santé pluridisciplinaire universitaire, qui rejoint l’actuelle maison médicale de garde au centre Prévert et qui, en coordination avec l’association des médecins des Trois-Villages et l’Agence régionale de Santé, vise à améliorer et diversifier l’offre de soins sur le territoire.»


Quels équipements municipaux seront rénovés cette année ?

«Une caractéristique de Montigny, qui est de fait un élément de son attractivité, est le nombre et la diversité de ses équipements et services publics. Il nous incombe par conséquent de maintenir et rénover un patrimoine très important destiné à la petite enfance, au scolaire et au périscolaire, aux activités culturelles, sportives ou sociales, à nos voiries communales et nos parcs et jardins. C’est un volet majeur de notre action, peu visible certes, sauf ceux qui les pratiquent, qui s’inscrit en termes de planification dans un plan pluriannuel d’investissement. Cette année, plusieurs chantiers sont engagés (voir en page 5), en particulier sur le quartier des Prés dans une dynamique commune et ambitieuse avec les bailleurs sociaux. Les écoles, la place et la maison de quartier André Malraux seront en particulier concernées, après l’école Péguy et le centre sportif P. de Coubertin en 2017 et 2018. Nous poursuivons aussi notre programme pluriannuel de mise en accessibilité de nos établissements, sans oublier ceux concernant les futurs accès aux quais de la gare ferroviaire depuis la passerelle rouge, qui vont considérablement faciliter la vie de milliers d’usagers au quotidien.»

Quelle est la situation financière de la ville ?

«Concernant nos ressources, un fait majeur pour les communes, mais aussi l’ensemble des collectivités territoriales, concerne le désengagement financier de l’Etat et les mesures drastiques menées par le gouvernement en matière fiscale, qui pénalisent particulièrement les territoires et ce, partout en France.  Notre dotation a ainsi baissé de 56% ces dernières années. La réforme annoncée de la taxe d’habitation impacte également d’abord les territoires, sans qu’on ait de véritables garanties sur les compensations envisagées par l’Etat. Face à la diminution constante de nos recettes, nos efforts portent en permanence sur la rationalisation de nos dépenses, y compris en termes de ressources humaines, et une mutualisation croissante de services avec l’intercommunalité, à l’exemple des services de collecte des déchets, des déchetteries ou des services de reprographie.
Bien sûr, face aux incertitudes liées aux réformes gouvernementales, qui pèsent sur le budget des ménages, nous ne voulons pas ajouter aux contraintes et aux difficultés. A Montigny, nous n’avons pas augmenté les taux de notre fiscalité depuis 2010, et nous parvenons chaque année à maintenir notre niveau de services rendus aux Ignymontains. On le doit à une rigueur permanente dans notre gestion, que notre opposition se plaît à caricaturer parfois, mais qui nous permet aujourd’hui  de naviguer malgré la rigueur imposée, et de pouvoir emprunter sereinement pour prévoir l’avenir.»
quel impact sur les subventions accordées aux associations ?
«C’est aussi un effort que nous pouvons réitérer chaque année parce que nous l’anticipons par nos efforts de gestion. En 2019 encore, le montant global de notre soutien financier aux associations ignymontaines culturelles, sportives, sociales et axées sur la prévention, avoisine le million d’euros. Elles le méritent bien, tant elles sont un maillon essentiel qui conforte la qualité de vie à Montigny, son dynamisme et son animation. Ce soutien ne s’arrête d’ailleurs pas aux subventions, mais aussi dans l’affectation de locaux partout dans les quartiers, ou encore de toute la logistique portée par les services municipaux.»   


De nouveaux projets immobiliers vont-ils sortir de terre ?

«Même si, pour l’essentiel, le territoire de Montigny est achevé et ne recèle plus de larges réserves foncières, Montigny comptera 600 logements de plus ces prochaines années.   C’est le cas notamment sur les emprises de nos grands projets en cours sur les sites Bergson, Samain et Club le Village, qui incluront des programmes en locatif, accession sociale ou accession libre, comme sur d’autres secteurs restant à aménager ça et là dans les quartiers, ou lors d’opération de démolition/reconstruction, à l’image de l’Immeuble international au centre ville par exemple.»

Un nouveau service de restauration se met en place. Quelles sont ses évolutions ?

«Nous avons voulu un marché ambitieux sur ce sujet auquel les familles des enfants accueillis en crèches ou dans les locaux des ALSH sont particulièrement sensibles.  Sur la qualité des repas mais aussi sur le coût de la prestation. Répondre à chacun sur une prestation aussi importante en termes d’organisation, est un peu une gageure. Le nouveau prestataire de restauration désigné par le marché public, le groupe Sodexo, s’est inscrit dans notre démarche. Pour cette rentrée après les fêtes, les enfants des écoles, des accueils de loisirs et des crèches mangeront plus de plats issus de circuits durables et locaux, de labels et de filières biologiques. Nous avions anticipé la nouvelle loi Agriculture et Alimentation votée depuis, en définissant il y a plusieurs mois les exigences importantes de notre nouveau marché. Il en coûte un peu plus cher au budget municipal, mais le prix reste constant pour les familles. C’est le prix de la qualité que nous souhaitons.»


La sécurité est une préoccupation majeure pour les habitants. Quel bilan tirez-vous pour 2018 ?

«Les statistiques de faits délictueux enregistrés dans la commune, rapportés début décembre par la police nationale lors de notre Conseil  Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD), font apparaître une situation stabilisée. Sauf pour les vols de vélos et de pièces automobiles qui sont un fléau auquel notre commune n’échappe pas, tout comme les incivilités récurrentes qui peuvent empoisonner la vie de quartier. Pour y répondre, notre réseau de vidéosurveillance démontre son efficacité. Il a encore récemment permis de confondre un jeune individu dans le braquage d’une pharmacie. Chaque année, nous finançons progressivement son extension en fonction de nos besoins, des remontées des habitants et des forces de l’ordre. En 2019, la rue de l’Armorique et la place Pompidou seront équipées. Nous renforçons aussi l’équipement de notre Police municipale. Mais nous réclamons plus d’efforts en faveur de la Police nationale, afin que la ville ne supporte pas encore plus de dépenses de sécurité qui incombent à l’Etat.»

L’attractivité économique est un moteur pour le développement d’un territoire. Comment se situe  Montigny sur ce plan ?

«Au cœur d’une agglomération référentielle en matière d’attractivité des entreprises, Montigny profite à plein de sa position et de ce dynamisme, qui s’inscrivent dans les racines de l’ancienne ville nouvelle. Nous serons cette année encore un peu plus la ville de l’automobile, lorsque BMW intègrera son nouveau siège français dans la zone d’activités du Pas du Lac, près de Mercedes. A plus long terme, je pourrais aussi citer Orange qui regroupera ses directions franciliennes au centre-ville, en lieu et place du siège régional actuel de la Poste sur la place Choiseul. Les services à la population de La Poste seront maintenus dans le quartier du centre ville, dans un emplacement encore à confirmer. Le commerce est une autre composante qui révèle le dynamisme du territoire. Notre centre commercial régional joue son rôle et recentre actuellement SQY Ouest sur les pratiques de loisirs qui étaient son idée première. Nos commerçants de proximité ont un rôle non moins important dans la qualité de vie des quartiers. Il faut aussi se tourner vers eux pour garder vivace cette vie locale auquel chacun est attaché. Ils sont aussi le baromètre d’une vie sociale et d’une communauté d’habitants qui se portent bien.»

Où en est-on du déploiement de la fibre optique à Montigny ?

«L’autorité  nationale des télécommunications (ARCEP) a décidé que ce serait l’opérateur SFR qui développerait un réseau très haut débit (THD) à Montigny. Il a jusqu’à 2020 pour mener à bien sa mission, sans quoi cet opérateur s’exposera à de lourdes pénalités de retard. Orange est aussi présent sur un quart sud de la commune. Tous deux proposent leurs offres d’abonnement et la mutualisation des réseaux doit conduire les autres opérateurs à faire aussi leurs offres d’abonnement s’ils le souhaitent. Mais le déploiement de la fibre est à ce jour un vrai enjeu auquel nous veillons.»

Quels vœux formulez-vous pour les Ignymontains  ?

«Nous avons des objectifs ambitieux, nous en maîtrisons les enjeux. Nous nous donnons les moyens humains et les compétences pour maintenir notre politique. Mais dans ce contexte de diminution de nos dotations de l’Etat, il nous faut en permanence nous réadapter. être agiles, selon la formule très prisée actuellement. Nous y parvenons encore en multipliant les efforts de gestion de nos dépenses, sans rogner sur les services publics auxquels les Ignymontains sont habitués. Si les impôts n’ont pas augmenté à Montigny depuis 2010, on le doit avant tout à notre rigueur de gestion dans nos politiques publiques. Ce sérieux, reconduit depuis quatre décennies, a réussi à notre commune. En ce début d’année, je formule le vœu, avec et pour les Ignymontains, que l’Etat ne nous prive pas encore de plus de moyens, que notre ville puisse continuer à faire front et puisse sourire à l’avenir. Soyez-en bien persuadés, c’est notre objectif pour notre ville, celle qui nous va bien, tous ensemble.»