Les actions au quotidien du service Paysage et Environnement

Dimitri Druyer, responsable du service Paysage et Environnement pour la ville, dirige l’équipe d’une dizaine d’agents qui oeuvre chaque jour sur les espaces verts, les parterres, dans les parcs et jardins de la ville. Des professionnels en première ligne lorsqu’il s’agit d’adapter ses pratiques aux enjeux d’une gestion raisonnée et durable   du territoire. Se passer de produits phytopharmaceutiques, c’est souvent revenir aux fondamentaux du métier, qui passent alors par plus  d’huile de coude. «Vous savez, on ne choisit tout simplement pas d’être jardinier sans aimer la nature. Changer nos pratiques pour mieux la respecter correspond aussi à une valorisation personnelle pour chacun d’entre nous, celle de retrouver les gestes du jardinier», constate Dimitri Druyer.

Des gestes vraiment porteurs de sens
L’équipe Paysage et Environnement a ainsi  appris à réorganiser son travail. L’hiver est une période plus importante sur le terrain où se prépare l’explosion du printemps. Le paillage des espaces par exemple, qui consiste à recouvrir les  massifs avec de l’écorce de pin, du broyat, limite la pousse des mauvaises herbes, protège du froid.
Les gestes deviennent ainsi porteurs de sens. La création de prairies fleuries avec une variété de fleurs doit impliquer moins d’entretien, mais engendre aussi une plus grande diversité animale, donc un meilleur équilibre naturel qui favorise la résistance de l’écosystème. Les déchets verts sont récupérés et réutilisés, comme les bulbes des massifs ou le bois d’abattage qui fera un excellent paillage une fois broyé. L’enrichissement des sols est pensé de manière plus naturelle par l’usage d’engrais organiques plutôt que chimiques.

Les premiers pédagogues de leurs actions

Ces gestes raisonnés au quotidien, qui valorisent une action, les agents sont souvent les premiers à les justifier, à les défendre auprès des habitants eux-mêmes. «Porter le message est aussi valorisant pour faire adhérer à ce que l’on croit. Nos agents s’y prêtent volontiers sur le terrain lorsqu’ils sont interpellés par les habitants»,  renchérit Dimitri Druyer. «Cette démarche vers le 0 phyto est favorable à la faune, la flore, à la protection de l’eau et à la santé de tous. Et ne l’oublions pas, c’est aussi l’occasion de veiller à une meilleure prévention de la santé des agents eux-mêmes».

Apprenez à désherber durable

Notre culture des «jardins à la française» est certainement à l’origine de notre besoin traditionnel de maîtriser la nature. Mais il n’est pas toujours nécessaire d’éliminer les herbes sauvages. Devenir tolérant vis-à-vis de la végétation spontanée et accepter la nature en ville correspond à une autre conception de l’esthétique et à une nouvelle approche du paysage urbain. Il faut accepter que les herbes sauvages puissent être belles et utiles à leur façon…

Limiter le besoin de désherber

Pour limiter la pousse des herbes spontanées, il est possible de mettre en place des méthodes préventives telles que le paillage et la végétalisation. En effet, le paillage apporte une protection contre le compactage, l’érosion, les gelées, offre une meilleure rétention de l’eau et apporte de la matière organique (décomposition). La végétalisation consiste quant à elle à planter des plantes couvre-sol ou rampantes aux pieds des massifs, des arbres ou sur les talus. Elles apportent en outre une touche esthétique supplémentaire à l’espace vert, voire un parfum agréable apporté par exemple par le chèvrefeuille.

Désherber sans produit chimique

Aujourd’hui, différentes techniques alternatives au désherbage chimiques existent. Bien qu’elles nécessitent un entretien plus régulier, elles suppriment l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Le désherbage manuel (binage, bêchage, griffage) reste la meilleure solution à une petite échelle car elle permet une meilleure aération du sol et une meilleure pénétration de l’eau. Le désherbage mécanique (balayage mécanisé, brosses rotatives, sabots rotatifs) ou le désherbage thermique (au gaz, à la vapeur, à l’eau chaude) peuvent être indiqués sur les plus grandes surfaces.