Mai 2016 - Le projet dévoilé

Ceux qui l’ont fréquenté, en tant que collégiens, peuvent toujours l’apercevoir dans le paysage, sa façade austère érigée le long de l’avenue Joseph Kessel, dans le quartier de la Sourderie. Mais si l’ancien collège Bergson, fermé en 2007 par le conseil général des Yvelines, ne montre plus les signes d’animation de sa vie d’antan, il n’en reçoit pas moins chaque jour encore son lot de visiteurs. L’école municipale de théâtre et plusieurs associations y ont élu domicile et continuent de faire vivre l’imposant bâtiment, accueillant élèves et usagers.  

Le site amorce néanmoins sa transition vers une vocation nouvelle, avec un projet dévoilé le mois dernier en Conseil municipal, qui constitue un point d’orgue du programme de ce mandat municipal. «Mon équipe le porte comme nous nous y sommes engagés lors des élections municipales de 2014. C’est le chantier le plus important mis en œuvre par la ville. Il nous appartient de le mener par nous-mêmes, y compris sur le plan financier, du début à la fin, sans le concours de l’agglomération dans la mesure où il s’agit d’un équipement communal», précise le maire Michel Laugier. Pour les services municipaux, l’enjeu est de taille. Il mobilise beaucoup de services et d’expertise en interne, depuis les phases de conception sur le papier jusqu’au dernier coup de pinceau. «L’articulation est délicate car il s’agit d’abord de démolir avant de reconstruire et, de tenir compte de la mixité du projet qui prévoit un équipement public, des aménagements de voirie et d’espaces verts, mais aussi des logements.» 

Ces quatre résidences confiées à des opérateurs  et des bailleurs sociaux viendront enrichir de 136 le nombre de logements à Montigny et concourront pour  moitié environ à l’équilibre financier de l’opération, en générant des recettes liées à la valorisation foncière. Ces programmes mêleront accession libre, ainsi que locatif social (pour 25%) et accession sociale (11%), un principe voulu et assumé par la municipalité.

Au plan opérationnel, la planification des étapes successives à son aménagement engendre un mille-feuille administratif, prévoyant un nombre très important de marchés publics, le recours à des expertises externes, le suivi des chantiers à venir. Les projections réalistes, mais sans filet, prévoient une livraison dans sa globalité à la rentrée 2020, qui donnera à ce secteur de la Sourderie le nouveau paysage ci-dessous. «Le pôle culturel, qui n’est pas encore baptisé, permettra d’accueillir notre Conservatoire municipal de Musique dans des conditions largement améliorées par rapport au site actuel sur la place Jacques Cœur, qui était une ancienne école réaffectée. Les élèves de l’école de théâtre et le secteur musiques amplifiées (SMA) y gagneront aussi en qualité de pratique. Le dernier niveau du bâtiment accueillera les deux écoles de danse associatives de la ville. Ainsi armés, nos élèves en pratiques artistiques pourront mûrir leurs talents et apporter plus encore à la créativité sur notre ville.» 

Un coût de 11 mpour la ville

Le coût de l’opération pour la ville (11 Me) recouvre la construction du pôle culturel (9,5Me) et de ses abords (1,5 Me). «Face à la situation financière délicate qui affecte les moyens des collectivités locales, sous la pression de l’Etat, peu de villes peuvent se permettre actuellement de mettre en œuvre un projet de cette envergure, en investissant près de 10 millions d’euros au profit de la culture. Cette marge de manœuvre, qui nous permet d’agir sereinement pour l’avenir de Montigny, est avant tout le fruit de notre gestion avisée des deniers publics», indique le maire.

Réunion publique le mercredi 11 mai à 20h30 à la MQ Jouvet

La présentation du projet est donc intervenue le 11 avril dernier en séance du Conseil municipal. Mais cette étape initiale ne marque pas pour autant l’arrivée prochaine des premières grues et autres barrières de chantier sur le secteur. Le conseil de quartier de la Sourderie a déjà été concerté. Pour leur part, les habitants seront conviés à une réunion publique le mercredi 11 mai à 20h30 à la MQ Jouvet. C’est à cette issue que les premiers marchés publics pourront être détaillés et lancés, pour se succéder à un rythme soutenu pendant ces prochaines années.

D’autres grands projets

En parallèle, la municipalité est également tournée vers les autres grands projets prévus dans son programme 2014/2020, qui entrent dans une programmation pluriannuelle d’investissement (PPI) raisonnée, comme le devenir de l’ex-école Samain en pôle de Petite Enfance, la restructuration du club le Village ou encore les créations coordonnées d’un pôle football et d’un pôle rugby à la Couldre.

 

Aménagement : un projet marathon

Un projet d’une telle envergure implique des délais incompressibles qui peuvent parfois paraître surprenants vus de l’extérieur. La loi impose en effet à la ville un respect de procédures extrêmement précises, comprenant notamment l’appel à candidature, la pré-sélection et la sélection des maîtres d’œuvre, bailleurs sociaux et promoteurs immobiliers qui seront chargés de mener à bien la réalisation des différentes entités le composant. «Une fois les permis de construire obtenus, cette obtention étant prévue au second semestre 2017 pour le pôle culturel et en novembre 2017 pour les résidences, la réalisation des procédures pour les différents marchés de travaux et la préparation des terrains (voiries et acheminement des réseaux divers...) prendront un an à un an et demi», précise Alain Junes, adjoint au maire délégué à l’Urbanisme.   

Démolition du bâtiment existant au 2e semestre 2017

Les riverains verront les premiers signes de la concrétisation de ce projet à travers la démolition de l’ancien collège, prévue pour le second semestre 2017 pour six mois environ. Viendra ensuite la partie viabilisation du terrain et desserte des lots, achevée vers la mi-2018. La construction à proprement parler pourra alors débuter. Si tout se passe comme la ville l’a prévu, les premières pierres de ce projet de grande envergure devraient être posées au second semestre 2018. «L’objectif sera de terminer les deux chantiers simultanément, pour une livraison à la rentrée 2020.» 

Un projet budgété et maîtrisé

Si la construction des différentes résidences sera assurée et financièrement amortie par les promoteurs immobiliers et bailleurs sociaux sélectionnés, la ville financera par elle-même la construction de son futur pôle culturel, ce qui est extrêmement rare aujourd’hui compte-tenu des difficultés budgétaires souvent rencontrées par les municipalités françaises. «La bonne gestion financière de la ville depuis de nombreuses années nous octroie cette marge de manœuvre.» Après l’obtention auprès de la Communauté d’agglomération de la totalité du terrain pour 1e symbolique en 2014, la vente de la parcelle sur laquelle seront construites les différentes résidences immobilières rapportera entre 4,5 Me et 5,3 Me à la ville. La réalisation des travaux de démolition, de voiries et d’acheminement des réseaux divers devraient quant à eux coûter environ 1,5 Me, tandis que la construction du pôle culturel a été estimé à 9,5 Me. «La réalisation de ce nouveau bâtiment public devrait donc réellement coûter entre 5,7 Me et 6,5 Me à la ville. Par la suite, les recettes fiscales récoltées grâce à la construction des 136 logements prévus sur ce projet permettront encore d’équilibrer davantage cette balance financière», souligne l’élu.  
01 39 30 31 61 (service Urbanisme)

 

Un pole culturel à la mesure de ses usagers

La construction du futur pôle culturel va indéniablement marquer un tournant pour tous les Ignymontains vivant leur passion à travers le théâtre ou la musique. Quelques danseurs auront également la chance de profiter de cet équipement à travers les 3 salles (150 m2 chacune) et vestiaires qui seront mis à leur disposition au 2e étage du bâtiment (voir schéma), les heureux élus étant encore à définir en accord avec la direction de la Culture de la ville. 

«créer des projets communs»
«Ce nouvel équipement municipal permettra de regrouper trois structures situées actuellement sur des sites différents : le conservatoire de musique, le secteur musiques amplifiées (SMA) et l’école de théâtre. Cela permettra notamment de créer plus facilement et plus régulièrement des projets communs, à l’image du concert Invitation au châteauorganisé le mois prochain», souligne José Cachin, adjoint au maire délégué à la Vie culturelle. 

4 niveaux dédiés à leurs pratiques respectives

L’organisation du pôle culturel a également été pensée afin d’installer les futurs bénéficiaires dans les meilleures conditions. Il comptera ainsi 4 niveaux,  sous-sol compris, dédiés à leurs pratiques respectives. Outre un parking (20 places), le sous-sol sera composé d’une salle de percussions et du niveau inférieur d’une salle de pratiques scéniques. «Une scène pouvant accueillir environ 150 personnes y sera implantée afin de permettre au public d’assister à certaines prestations. Précisons néanmoins qu’elle n’aura pas vocation à remplacer les représentations programmées dans d’autres salles plus grandes de la commune. Son rôle sera complémentaire de ces dernières.» De son côté, le rez-de-chaussée sera composé du niveau supérieur de cette salle de pratiques scéniques, mais également du hall d’entrée du bâtiment et de salles d’enseignement théâtral. Le 1erétage sera quant à lui entièrement dédié à la pratique de la musique, avec de nombreuses salles de cours, certaines dédiées aux cours individuels et d’autres aux cours collectifs (pour les ensembles par exemple), ainsi que des salles de répétition, un studio d’enregistrement, une régie studio et une régie vidéo. Enfin, comme précédemment indiqué, le 2e étage accueillera les danseurs qui auront toute la place nécessaire pour développer leur expression artistique.

01 30 64 54 47 (Pôle musiques & théâtre) 

 

136 logements : la mixité résidentielle au cœur du projet

Outre la construction du pôle culturel de la ville, ce gigantesque projet prévoit la sortie de terre de 7 édifices qui permettront la création de 136 logements supplémentaires sur le territoire communal.  Répartis en 4 îlots d’accession (voir schéma ci-dessus), ces nouveaux habitats donneront au quartier la dimension de mixité résidentielle recherchée par la municipalité à chaque fois qu’un projet d’une telle envergure est programmé à Montigny. Situé le long de l’avenue Joseph Kessel, dans le prolongement du futur pôle culturel, le 1er lot (les 2 bâtiments en bas à gauche sur le schéma ci-contre) mettra à disposition 34 logements en locatif social, soit 25% du nombre total de logements prévu sur le projet. S’ajouteront à ceux-ci les 15 logements en accession sociale prévus sur le 3elot (bâtiment dans l’angle à droite sur le schéma ci-contre), soit 11% du projet total. Les 2e et 3e lots, composés des 4 bâtiments restants, proposeront quant à eux respectivement 48 et 39 logements en accession libre. Autour de ces résidences, la ville a bien sûr prévu une harmonisation visuelle en adéquation avec ce qui se fait partout ailleurs dans la commune. Les espaces verts y seront donc présents, îlots végétaux et passages piétons étant imaginés pour favoriser un environnement et des vues agréables pour les habitants. De même, l’esplanade prévue entre le pôle culturel et l’église Saint-Pierre du Lac offrira une magnifique ouverture vers le lac de la Sourderie et sera notamment munie de jeux pour enfants.

 

Mercredi 11 mai : première réunion publique 

La réunion publique dédiée aux grands projets à venir sur la Sourderie a mobilisé les riverains ce mercredi 11 mai à la maison de quartier Louis Jouvet. Ils étaient en effet plus d’une centaine à garnir la salle polyvalente de l’établissement, pour échanger avec le maire Michel Laugier et ses adjoints sur le futur projet Bergson et celui de l’ex-école Samain. Comme souvent dans ces séances de concertation, les riverains ont interrogé le maire en premier lieu sur les impacts des aménagements sur leur quotidien. Nuisances, stationnement, devenir scolaire, engagement financier de la ville, le maire n’a éludé aucune question, dans un échange à bâton rompu. 

Bergson : démolition fin 2017

En guise d’introduction, Michel Laugier a cerné l’enjeu en quelques mots : le projet culturel Bergson (voir notre dossier) est le chantier phare du programme municipal 2014-2020. Il s’agit donc de donner aux élèves du conservatoire de musique, de l’école de théâtre et des deux associations de danse classique et moderne un équipement et une mutualisation de l’espace propres à enrichir la qualité de l’enseignement et la créativité. Il s’agit aussi de trouver une nouvelle vocation au site de l’ex-collège Bergson, fermé par le Département en 2007, et dont la ville est devenu propriétaire du foncier à l’euro symbolique en 2014. « Il est vite apparu que la solution plus simple et moins chère était de démolir le bâtiment actuel et reconstruire un équipement répondant aux critères du projet. Le choix d’y ajouter la création de 136 logements obéit aussi à deux exigences : permettre d’améliorer le parcours résidentiel des Ignymontains dans leur ville, en particulier les primo-accédants, et financer une partie de l’équipement par les recettes foncières dégagées. » Pour le maire, l’objectif était quoi qu’il en soit de construire ni plus haut, ni plus dense que ce qui existe sur le secteur, et d’être exigent sur les aspects qualitatifs. 

Les impacts sur la circulation et le stationnement

L’étude de faisabilité actuelle, présentée en détails, ainsi que le dossier présenté dans le journal L’ignymontain diffusé début mai, a permis d’entamer le jeu des questions-réponses. Pour les riverains, l’inquiétude porte sur les capacités de stationnement liées à l’arrivée du nouvel équipement, mais aussi de circulation, des automobiles et des deux-roues, sur l’avenue Kessel. Le maire a ainsi accepté de solliciter le cabinet qui accompagne la ville dans la maîtrise d’oeuvre pour tenter de dégager quelques pistes d’amélioration. 

Le devenir scolaire

Les capacités d’accueil des écoles sont aussi un motif d’inquiétude pour de parents d’élèves qui craignent une surcharge des effectifs dans les écoles du quartier. Sur ce sujet, le maire et Suzanne Blanc, adjoint à la Vie scolaire, ont rassuré. « Nous perdrons à nouveau une classe l’an prochain sur la Sourderie, face à l’érosion des effectifs sur ce secteur. Il n’y a aucune inquiétude à avoir, toutes les écoles ont des capacités d’accueil largement suffisantes pour accueillir de nouveaux élèves, dont on sait qu’ils ne sont malheureusement jamais aussi nombreux que les nouvelles résidences pourraient le laisser penser. » 

L’avenir de l’actuel conservatoire

La question du devenir de l’actuelle conservatoire de musique a également été posée. Sur ce secteur de la parce Jacques Coeur, la réflexion actuelle de la municipalité se porte sur la refonte du centre commercial, « pour l’ouvrir sur le boulevard Descartes et le rendre plus visible. » 

Quel nom pour l’équipement ?

Enfin, le nom du futur pôle culturel a été évoqué. Le maintien du nom du philosophe Henri Bergson, qui résonnerait symboliquement aux oreilles des générations d’élèves et d’enseignants de l’ancien collège, peut avoir les faveurs de nombre d’entre eux. « Je continue moi-même d’utiliser les termes de Projet culturel Bergson pour évoquer le sujet. Pour l’instant, c’est notre nom de bataille et nous avons encore le temps pour y penser. Nous sommes également attachés à l’histoire de notre ville et ses symboles », a répliqué Michel Laugier. 

Types de constructions et finances

L’exigence environnementale des futures résidences a aussi été posées dans le débat, certains y rêvant déjà de geste architectural référent. « ce n’est pas encore l’objet de l’étude de faisabilité que nous vous exposons ce soir, mais celui du futur cahier des charges proposé aux constructeurs qui répondront à nos marchés publics. » Enfin, les riverains sont aussi des contribuables, et peuvent s’interroger sur la capacité des finances communales pour assumer un projet à 11 millions d’euro. Faut-il prévoir une augmentation future de impôts locaux communaux ? Non, s’est engagé Michel Laugier. Nous avons anticipé et économisé pour financer ce grand projet du mandat. Du moins si l’Etat tient lui-même ses engagements envers les territoires et stoppe les ponctions envers nos budgets. » 

Le projet Bergson est donc sur les rails et devrait être livré en 2020. Un délai important, mais finalement largement justifiable à l’examen du phasage des différentes étapes, qui alternent sans relâche procédures publiques de concertation et de marché, et chantiers de construction et d’aménagement de voirie et paysagers. Concerté, détaillé, l’ambitieux projet est aussi bien compris et perçu, à l’image de Vivien Gasq, conseiller municipal d’opposition, qui se déclare à son tour en accord sur les grands traits, tout en restant solidaire des inquiétudes exprimées, et conclut son intervention d’un singulier « bravo monsieur le maire. » 

Le projet pour l'ex-école Samain

L’autre projet de la ville qui mobilisait les riverains de la Sourderie ce mercredi 11 mai concerne le devenir le l’ex-école Samain, dont le maire a souhaité évoquer la réflexion arrêtée finalement par la municipalité. Le site fera également l’objet d’une démolition-recontruction, pour y créer un équipement multi-accueil de Petite enfance intégrant de nouvelles places de crèches, prévu dans le programme municipal. Une maison médicale pluridisciplinaire, envisagée initialement avec l’association des médecins de Montigny, Guyancourt et Voisins en parallèle sur le secteur, va devoir s’implanter à un autre endroit. Une décision que justifie Alain Junes, adjoint maire en charge de l’Urbanisme, mais aussi lui-même praticien engagé dans l’association locale des médecins. « Cet établissement répond aux départs, de plus en plus non remplacés, de nos médecins de ville. » Pour enrayer cette menace de désert médical, qui ne frappe pas que les campagnes, cette idée de maison médicale pluridisciplinaire, conçue aussi comme « une pouponnière à médecins » pour ancrer leur installation sur la ville, nécessite un environnement moins enclavé que l’ex-site de l’école Samain. Michel Laugier a donc confirmé la création de l’équipement public de Petite Enfance, et informé sur la création de nouveaux logements, sous forme de maisons de ville, « à l’image des types de résidences qui existent aujourd’hui sur le secteur . » Les riverains ont souhaité être mieux informé et régulièrement concertés sur la phase active du projet, qui débutera donc par la démolition du bâtiment de l’ancien groupe scolaire. L’étude de faisabilité va être confié au cabinet nantais Cap Urbain,  en charge du projet Bergson, et Michel Laugier envisage une livraison en 2020, « même si les procédures administratives plus souples, nous permettent d’envisager que Samain précède Bergson dans la dernière ligne droite. »