La ferme du Manet joue à Montigny-le-Bretonneux un rôle de précurseur de cette modernisation des techniques. Peu de temps après la Révolution, le domaine est acquis par un nouvel exploitant, Henri Marin Notta. Lui et son fils Vincent veillent à la bonne marche de l'exploitation jusqu'en 1860. Ils initient de nouvelles pratiques : substitution des plantes arclées et des cultures fourragères à la jachère et aux fourrages annuels dans l'assolement triennal, lactation de colza et de pommes de terre, développement de l'élevage du mouton mérinos, utilisation des machines agricoles les plus performantes comme la charrue Pluchet ou les premières machines à battre. Mais la véritable transformation de la ferme se produit à partir de A860 quand la famille Gilbert loue le domaine. Avec la betterave à sucre, le remplacement des chevaux par des boeufs de trait, l'utilisation d'engrais chimiques, la construction d'une distillerie à alcool, le domaine devient une ferme industrielle au rayonnement régional. Les bâtiments de l'antique ferme doivent être agrandis, aménagés pour répondre à de nouveaux besoins. Une nouvelle bergerie et une bouverie sont construites. En 1870, le pigeonnier est démoli et on récupère les pierres pour ériger une nouvelle grange à la charpente révolutionnaire, qui permet de mettre à l'abri la récolte de la ferme qui s'élève, bon an mal an, entre 50 000 et 60 000 gerbes de blé de 9 à 10 kg.
Les Notta et les Gilbert ne sont pas de "simples" paysans. Notables aux revenus confortables, ils détiennent aussi le pouvoir local. Henri Marin et Vincent Notta sont élus maires de la commune successivement de 1808 à 1878. Traversant tous les régimes, ils oeuvrent pour l'amélioration es chemins vicinaux, délibèrent sur l'emplacement de la future gare de Trappes - la ligne de chemin de fer ouverte entre Trappes et Paris en 1846 -, s'occupent des oeuvres municipales, achètent l'acier presbytère pour y héberger le curé et le maître d'école. Leurs épouses s'occupent des "bonnes oeuvres" de la commune.

