Christine Boutin : ”j’invite tous les maires à en faire autant que vous”
La ministre du Logement Christine Boutin a fait plus qu’un passage à Montigny le lundi 30 mars dernier, à l’occasion d’une visite officielle voulue sur le thème de la mobilité au sein du parc HLM. A sa demande, cette venue l’a conduite à multiplier les rencontres d’Ignymontains pour faire passer son message, “assurer mon service après-vote”, comme elle l’a répété. Sa loi récemment adoptée sur le logement et la lutte contre l’exclusion “marque une rupture dans le monde du HLM, une rupture pour plus de fluidité, plus d’équité et de sécurité pour les parcours dans le logement social”. Et ce n’est pas par hasard que la ministre est venue à Montigny constater sur le terrain les grands axes d’une volonté politique que la municipalité met en œuvre depuis des années dans la proximité. Pour le maire Michel Laugier, la visite de la ministre a donc été l’occasion de faire clairement passer ses messages.
Sous-occupation des grands logements : une première positive à Montigny
La loi récente prévoit notamment de lutter contre la sous-occupation des grands logements, que Christine Boutin estime selon une étude ministérielle entre 600000 à 800000 en France. Ainsi à Montigny, elle a pu rendre visite à Mme Koy, qui venant du privé a pu en 2008 intégrer l’ancien T5 de Mme Zaoui, cette dernière se voyant attribuer un logement plus conforme à ses besoins, avec un loyer revu à la baisse. Evidemment, rien ne s’est réalisé sans un consentement mutuel. De l’avis de la ministre, cette opération à tiroirs, pour laquelle il fallait “deux familles, deux bailleurs, deux attributaires” est une première en France, qui mérite d’être reprise à plus grande échelle par les maires. Michel Laugier reprend la main pour marteler son credo. “Malheureusement, alors que nous connaissons le terrain, les habitants, les situations, nous n’attribuons que 15% du parc locatif social”. “C’est une affaire difficile car dans ce domaine, tous les élus ne sont pas exemplaires comme vous l’êtes, lui a répondu la ministre, je vais lancer un groupe de réflexion afin de renforcer encore la décentralisation, mais à condition que les maires prennent en compte l’ensemble d’une politique, y compris de DALO (NDLR: Droit au logement opposable)”.
Renforcer la mixité sociale
Michel Laugier a aussi conduit Christine Boutin à la résidence des Coquelicots aux Prés, gérée par la société ADOMA. L’occasion pour lui de rappeler la genèse d’un lourd dossier mené il y a une décennie par Nicolas About pour transformer l’ancien foyer SONACOTRA en résidence propre à accueillir des résidents d’horizons et de situations divers, dans une harmonie au sein de l’établissement et au sein du quartier. “Il a fallu dépenser tellement d’énergie à l’époque pour convaincre qu’un projet de cette ambition était réalisable”. La Ministre s’est longuement arrêtée à la résidence, partageant le témoignage des résidents dans les chambres et au foyer. “J’ai la volonté, non pas de faire des ghettos, mais de la mixité. Le travail que fait ADOMA est je le dis une fierté dans ma responsabilité ministérielle”.
Favoriser l’accession sociale
Une ultime étape a conduit la délégation sur le secteur Sud-Village, où le programme immobilier Le Canal Fleuri a commencé à sortir de terre avec le groupe Arcade Antin Résidences. Là, ce sont les mesures visant à favoriser l’accession à la propriété pour les foyers à revenus modestes qui ont été passées au tamis ignymontain. En compagnie de Robert Cadalbert, le président de la CASQY, et du Sénateur Nicolas About, Christine Boutin, Michel Laugier et Jean-Luc Liabeuf, directeur général d'Antin Résidences (une Entreprise Sociale pour l'Habitat du Groupe Arcade), ont posé la première pierre d’un programme dont le gros oeuvre est déjà bien engagé. Sur ce programme global de 257 logements, la résidence en locatif et en accession sociale (33 logements chacun) est la première à s’ériger.
Au terme de son parcours ignymontain, la ministre a vu dans les initiatives portées par le maire et sa municipalité des applications concrètes des idées qu’elle entend porter pour la politique du logement social en France. “Lorsqu’on est ministre du Logement, on a une responsabilité majeure, intrinsèque à la dignité de la condition humaine. Quand je vois les projets développés à Montigny, je mesure que vous avez fait œuvre utile avant l’heure”.
