Les fourneaux sont éteints aux 4 Pavés du Roy

Economie

LA FAMILLE BURDEYRON A CLOS UN LONG CHAPITRE DE LA SAGA FAMILIALE, EN METTANT FIN À L’ACTIVITÉ DU RESTAURANT 4 PAVÉS DU ROY RÉCEMMENT. LA FIN D’UNE ÉPOQUE AUSSI POUR LA SCÈNE GASTRONOMIQUE DE MONTIGNY.

Le restaurant 4 Pavés du Roy a définitivement éteint ses fourneaux depuis fin décembre au quartier du Manet. La fin d'une époque pour la famille Burdeyron, inamovibles restaurateurs depuis 40 années, mais aussi pour les nombreux convives qui ont goûté à cette table bien connue de la gastronomie ignymontaine. La fin d'une époque aussi pour cet ancien relais de chasse qui offrait son cachet et son architecture surannée aux promeneurs du Manet.
Pour Serge et Valérie, qui tenaient l'établissement depuis 2003, l'heure de la retraite a désormais sonné. Un programme de 24 logements en 8 villas, du promoteur Arche, donnera ses premiers coups de pioche au printemps dans l'environnement privilégié du parc, mais la bâtisse restera bel et bien un élément central de la future résidence. Comme un signal mémoriel tendu entre deux époques. La famille Burdeyron quitte donc aussi sa maison ce mois-ci, à l'exception d'Anna, la mère de Serge, qui reste dans son pavillon attenant.

UNE LIGNÉE DE RESTAURATEURS

Dans la famille Burdeyron, la tradition des métiers de bouche existe, comme le raconte Serge. «Je suis issu d'une lignée de restaurateurs. Mon grand-père possédait un restaurant boulevard des Poissonniers à Paris, où mon père Jacques fera ses premières armes, en pâtisserie notamment. C'est là d'ailleurs qu'il rencontre ma mère Anna, jeune italienne débarquée seule à Paris.» Le jeune couple choisit alors son indépendance en reprenant une boulangerie-pâtisserie à Bagneux, puis file vers l'ouest à l'ombre des buildings de la Défense alors en pleine expansion. Mais Jacques rêve d'être aux fourneaux de son restaurant. En 1979, Jacques, Anna et leurs deux fils Jean-Paul (installé dans le métier à Versailles) et Serge se posent au Manet. Le rêve de Jacques s'accomplit. Ils reprennent l'auberge de Jean-Baptiste Bagnoud, et l'aventure s'étendra sur 4 décennies. En 2003, Jacques Burdeyron (disparu en 2018) laisse les fourneaux à son deuxième fils Serge, qui est rejoint dans la tenue du restaurant par sa femme Valérie. «Depuis des années, nous avions des propositions de la part de promoteurs. L'âge venu, nous avons fini par les écou-ter», conclut Serge. Anna reste Ignymontaine dans son pavillon sur la propriété, alors que Serge et Valérie restent dans la région au Mesnil St-Denis. Pourtant, la lignée Burdeyron ne disparaît pas pour autant. Cyrielle et Paul, la fille et le fils de Serge et Valérie, sont dans le métier et ont aussi fait leurs armes dans le restaurant familial. Cyrielle travaille d'ailleurs à Montigny au Garden Ice café au centre-ville. Qui sait dès lors si un jour, la lignée Burdeyron ne refera pas parler d'elle à Montigny ?