Zoom sur la Maison de Santé : ouverture pour le printemps

Projet souhaité, pensé et étudié depuis de nombreuses années par des médecins locaux et la ville, la création de la maison de santé pluridisciplinaire universitaire (mspu) permettra d’éviter la possibilité que Montigny ne devienne un désert médical, comme c’est parfois malheureusement souvent le cas ailleurs. En parallèle, la structure permettra à des étudiants de terminer leur formation au cœur d’un cabinet médical.

Débutés à l’automne dernier, les travaux  de construction de la Maison de santé pluridisciplinaire universitaire (MSPU) entrent dans leur dernière ligne droite. Programmée pour ce printemps 2020, dans la partie sud  les anciens locaux de l’école Jacques Prévert (quartier de la Sourderie), la livraison de cette nouvelle structure assurera à la ville la présence de professionnels de santé sur son territoire, tout en participant à la formation des médecins de demain.

PREMIÈRE STRUCTURE DE CE TYPE DANS LE DÉPARTEMENT

Initié il y a une dizaine d’années par la municipalité et plusieurs membres de l’association des médecins des 3 Villages, dont son président le professeur Alain Jami (voir article ci-contre), cette structure sera la première de ce type dans le département des Yvelines. L’ARS (Agence régionale de santé) et l’UFR (Unité de formation et de recherche) des Sciences de la santé Simone Veil de l’Université Ver-sailles-Saint-Quentin ont évidemment été étroitement associées à cet ambitieux projet, qui permettra à terme d’accueillir 18 praticiens. Médecins généralistes, psychologues, infirmières, diététiciens occuperont notamment ces locaux. «Des kinésithérapeutes et un orthophoniste nous rejoindront également peut-être par la suite», ajoute le professeur Jami. Outre ces nombreux professionnels de santé, la MSPU accueillera donc aussi des étudiants, à différents niveaux de formation.

UNE CONVENTION SIGNÉE EN DÉCEMBRE DONNANT UN STATUT UNIVERSITAIRE À LA STRUCTURE

L’association a en effet signé le 5 novembre dernier une convention de partenariat avec l’ARS et l’UFR des Sciences de la santé Simone-Veil, conférant à cette structure ce statut. «Au total, une douzaine d’étudiants, externes  ou internes et de différents cycles, graviteront  au sein de la structure. Quatre ou cinq d’entre eux seront ainsi en autonomie. Côté professionnels de médecine générale, ils seront tous au minimum maîtres de stage», détaille le maire Jean-Luc Ourgaud. Soins, enseignement et recherche seront donc les 3 piliers de cette MSPU. «Concernant la recherche,  nous menons actuellement une réflexion sur la possibilité de voir un laboratoire labellisé INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) nous rejoindre à terme», conclut Alain Jami, qui est aussi directeur du dépar-tement de médecine générale à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.
avons créé une nouvelle entité il y a environ 4 ans : l’association pour la création de la MSPU Jacques Prévert, au sein de laquelle nous sommes quinze. Par ce biais, nous avons travaillé en collaboration étroite avec la Ville pour mener à bien ce projet», explique-t-il. Pour les professionnels de santé qu’il représente et qui intégreront à terme la structure, la MSPU va permettre de mettre en place un travail collaboratif, «via des échanges permanents sur certains dossiers complexes. Cette organisation nous permettra ainsi d’approfondir et améliorer la prise en charge des patients, notamment grâce à la mise en place de protocoles de soins plus structurés, en s’appuyant par exemple sur l’avis des psychologues, ou en permettant des échanges avec les infirmières dans certains cas précis.»


La maison médicale de garde restera

Structure aujourd’hui totalement intégrée à l’organisation du soin non programmé dans les Yvelines, la Maison médicale de garde a montré toute son importance, depuis sa création il y a environ 20 ans par l’association des médecins des 3 Villages. «À l’époque, c’était la première structure médicale de garde d’Île-de-France pour laquelle nous demandions aux gens de se déplacer», souligne le docteur Alain Jami, président de l’association. . Beau-coup n’y croyaient pas. Aujourd’hui, dès son ouverture à 8h du matin le dimanche, une dizaine de personnes attend devant la porte. L’activité dépasse largement ce qui était prévu à l’origine. Nous sommes parfois l’unique recours de ce type pour un tiers des Yvelines». Avec lui, ils sont une cinquantaine de médecins à se relayer, pour une permanence 7j/7. 

Encore quelques semaines de travaux

Le chantier de la Maison de Santé pluri-disciplinaire et Universitaire va donc se poursuivre jusqu’à la fin du printemps, sur les abords et pour l’aménagement intérieur de l’établissement. Les travaux extérieurs sont lancés jusqu’au début du printemps, notamment par un terrasse-ment important pour mettre à niveau les pourtours et permettre ensuite des travaux de voirie, le long du bâtiment, sur le secteur Ouest. Une voie de desserte va y être tracée et bitumée, pour réguler la circulation et le stationnement des usagers. Les usagers pourront en effet accéder à la Maison de santé depuis la voie qui longe l’Hôtel de ville, ou depuis la place George Sand.

«Approfondir et améliorer la prise en charge des patients»

Alain Jami, médecin généraliste à Montigny depuis 1989 et directeur du département de Médecine Générale de l’Université de Versailles-Saint-Quentin, a été de toutes les étapes menant à la création de la Maison de santé pluri-disciplinaire universitaire (MSPU) sur le ter-ritoire ignymontain. «Ce projet a été initié il y a environ 10 ans par la Ville et plusieurs membres de l’association des médecins des 3 Villages, dont je suis le président depuis 1991. Pour le mener à bien, nous avons créé une nouvelle entité il y a environ 4 ans : l’association pour la création de la MSPU Jacques Prévert, au sein de laquelle nous sommes quinze. Par ce biais, nous avons travaillé en collaboration étroite avec la Ville pour mener à bien ce projet», explique-t-il. Pour les professionnels de santé qu’il représente et qui intégreront à terme la structure, la MSPU va permettre de mettre en place un travail collaboratif, «via des échanges permanents sur certains dos-siers complexes. Cette organisation nous permettra ainsi d’approfondir et améliorer la prise en charge des patients, notamment grâce à la mise en place de protocoles de soins plus structurés, en s’appuyant par exemple sur l’avis des psychologues, ou en permettant des échanges avec les infir-mières dans certains cas précis.»

UN MEILLEUR ACCÈS AUX SOINS

En outre, la présence de 8 médecins g-néralistes au sein du cabinet donnera la possibilité de proposer des consultations non programmées et aux professionnels de se soutenir les uns les autres en cas de besoin, «notamment lorsqu’un collègue se trouvera face à une difficulté d’une quel-conque nature.» Surtout, la création de la MSPU offrira un meilleur accès aux soins aux Ignymontains sur le territoire communal pour les prochaines années. «C’est une dimension extrêmement importante, notamment compte tenu de l’évolution démographique partout en France et en Île-de-France. Ce genre de structure devra permettre en effet de trouver plus facile-ment des successeurs lorsque les médecins en activité partiront à la retraite. C’est donc du gagnant-gagnant pour tout le monde.»

Ancien groupe scolaire Jacques Prévert : des locaux multi-fonctions

En plus de la création de la future MSPU et de la Maison médicale de garde (voir article ci-contre), services municipaux et as-sociations occupent également les locaux accueillant autrefois le groupe scolaire Jacques Prévert. La Boutique alimentaire, qui occupait jusqu’en 2018 les locaux qui vont être dédiés à la MSPU, a déménagé au mois d’avril de la même année, dans la partie Est du bâtiment. Ce service de distribution de produits gratuits (denrées de première nécessité, produits frais, viennoiseries...) et de produits payants (articles d’épicerie, d’hygiène et d’entretien...), basé sur un partenariat avec des commerçants locaux, a ainsi pris ses quartiers dans les locaux autrefois occupés par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), implantée à Trappes depuis mars 2017. Outre la Maison médicale de garde, la partie Nord de la structure est occupée par l’équipe de la Police municipale de la ville et son Centre de supervision urbaine (CSU), qui fonctionne 24h/24 sous la vigilance d’opérateurs dédiés. Enfin, la partie ouest est occupée par dif-férentes associations ignymontaines : les Motards en balade, Art majik et l’AMI (Asso-ciation Montigny international).